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Réussir dans la voie PRO

Intégrer une classe prépa scientifique après un Bac PRO

Paca - Aix-Marseille / publication : 25 avril 2016
L'Onisep Aix-Marseille vous propose de découvrir une quatrième vidéo sur le thème « Réussir dans la voie Pro », une web série décrivant la richesse de parcours après un bac professionnel.

Réalisé au lycée Antonin Artaud à Marseille, ce reportage présente l’une des deux seules classes préparatoires aux études scientifiques (CPES) réservées aux bacheliers professionnels qui existent en France. Elle est suivie de la classe préparatoire aux grandes écoles TSI (technologie et sciences industrielles) en 2 ans, où les élèves de la voie professionnelle rejoignent ceux de la voie technologique. Trois élèves racontent leur parcours menant vers les écoles d’ingénieurs et des professeurs témoignent de leur expérience de ces classes.

Retrouvez l'ensemble de notre websérie Réussir dans la voie PRO ici !

 

 

Transcription

Farid Houdi, 22 ans, 1ère année école d’ingénieur à Centrale Marseille

Après mon Bac PRO j’ai décidé de faire une CPES. J’étais l’un des meilleurs éléments de mon lycée. Donc j’ai été pris parmi les premiers. Après la CPES on était quatre élèves à rejoindre la classe préparatoire TSI. Pour moi c’était assez difficile de s’intégrer au groupe de STI sachant qu’on était des BAC PRO et que pour les STI on est des gens inférieurs à eux. On est vraiment des gens qui ne travaillent pas pour eux. Du coup on a du faire nos preuves qu’on était des candidats sérieux pour les écoles d’ingénieurs. Ils ont compris au bout de 2 à 3 semaines qu’on n’était pas si mauvais que ça.

Si je devais refaire tout mon parcours je passerais par la voie professionnelle. Je pense que ça a été un vrai plus par rapport à mon CV. J’ai aussi un parcours atypique, c’est un parcours spécial pour un recruteur. Se dire que cette personne sort d’école d’ingénieur, a déjà un vécu, a déjà travaillé dans des entreprises, a déjà fait plusieurs stages, c’est que du plus.

Aurélien Dreux, 20 ans, 3e année CPGE TSI lycée Artaud, Marseille

Après la 3e je suis allé dans un lycée professionnel où ça s’est très bien passé. Et avec les stages obligatoires je me suis rendu compte que les métiers sur le terrain n’étaient pas fait pour moi. Et c’est là que j’ai choisi de continuer mes études après le BAC et de rentrer dans une prépa. Pour cela j’ai fait une CPES. La CPES à la prépa c’était une marche supplémentaire. Personnellement j’ai trouvé que c’était moins difficile de passer de la CPES à la prépa puisqu’on avait déjà eu un bon entrainement pendant une année entière avec nos professeurs qui nous guidaient parce qu’ils savaient qu’en Bac Pro on n’avait pas forcément beaucoup d’heures de travail à la maison et c’était un rythme à prendre. On a été bien accompagnés et du coup pour moi la transition de la CPES à la prépa était quand même plus facile malgré quelques difficultés bien sûr. Si c’était à refaire, je passerais effectivement encore une fois par une phase professionnelle parce que c’est dans cette voie là et avec tous les stages que j’ai fait que j’ai compris que je voulais continuer dans les études et en passant par une voie STI qui est plutôt la voie classique pour intégrer la prépa TSI, je n’aurais sûrement pas eu le niveau au final pour intégrer la prépa et peut-être que je serais parti sur autre chose en ayant peut-être raté quelques étapes et donc je pense vraiment que c’est tout mon cheminement qui m’a permis d’arriver là où je suis aujourd’hui. Si on a la motivation et l’envie c’est vraiment ce qui est essentiel car les connaissances on va les avoir avec les cours.

Cécile Moreau, professeure d’Anglais, lycée Artaud, Marseille

Les élèves postulent en CPES via le système APB. Nous recevons leur dossier qu’on étudie attentivement et puis pour les dossiers qui nous intéressent on étudie leurs bulletins, à la fois les notes mais aussi beaucoup les appréciations qui nous intéressent. On leur demande de nous écrire une lettre de motivation, également. Et après avoir étudié tous ces dossiers, on les reçoit en entretien les élèves qui nous semblent intéressants pour la CPES.

Benoît Stauff, professeur de sciences physiques, lycée Artaud, Marseille

Le discours qui consiste à dire « Moi je suis en Bac PRO, je sais pas travaillé, je sais pas apprendre, je ne suis pas fait pour les études longues… », on l’entend très souvent. Et donc une partie de notre travail consiste à leur montrer qu’ils sont capables. Et on y arrive.

Marc Rosmini, professeur de philosophie, lycée Artaud, Marseille

C’est vrai que des parcours comme celui de Farid qui est pour l’instant l’étudiant qui est passé par la CPES qui a le mieux réussi, c’est vrai qu’il est évident que cela va apporter quelque chose parce que lui il a une autre vision de la société, il a grandi dans d’autres milieux, et dans une entreprise c’est important ça aussi.

Dominique Orsini, professeur de français, lycée Artaud, Marseille

Le principe de la CPES du lycée Artaud, c’est une année de formation dans laquelle nous prenons des élèves de BAC professionnel avec pour objectif de leur faire intégrer une classe préparatoire technologique. C’est-à-dire que la deuxième année ils sont avec des élèves de bac technologique. Nous sommes l’une des deux seules CPES pour les Bac professionnels industriels.

Benoît Stauff, professeur de sciences physiques, lycée Artaud, Marseille

Dans les sections industrielles dans lesquelles on recrute, il y a très très peu de filles.

Dominique Orsini, professeur de français, lycée Artaud, Marseille

C’est pas la section CPES en soit, pas plus que la section CPGE TSI, ça se passe en amont dans les lycées professionnels industriels, on n’avait quasiment que des garçons alors que dans les lycées professionnels tertiaires désormais il n’y a quasiment plus que des filles.

Camille Georges, 21 ans

Je me suis orientée vers la prépa TSI au lycée Antonin Artaud et donc j’ai passé deux ans on était quatre filles en 1ere année. J’étais aussi bien parce que j’avais déjà l’habitude d’être dans une classe que des garçons donc au final je ne regrette pas du tout mon choix et je l’ai très bien vécu.

Je suis actuellement à l’école centrale Marseille en alternance. Je suis au service méthodes et outils chez Airbus hélicoptère. C’est un service très transverse qui s’occupe des logiciels du bureau d’études. On fait pas du tout d’informatique c’est de la gestion de logiciels donc les achats, s’il faut faire des mises à jours etc. Et lorsque le bureau d’étude demande un projet particulier qui requiert un logiciel particulier on doit étudier le projet et voir ce que cela peut amener. Il y a aussi une écriture de méthodes. L’objectif c’est que tout le monde utilise les logiciels de la même manière. Donc on va voir les utilisateurs, on leur demande ce qu’ils font, pourquoi ils font comme ça, les données qui sont échangées. C’est du management et de la gestion de projet. Actuellement, j’ai travaillé pour un projet d’écriture de méthode pour l’Inde parce qu’Airbus s’exporte en Inde et on doit du coup expliquer aux Indiens le travail qu’ils doivent faire. Donc on est allés voir les utilisateurs français pour qu’ils nous expliquent ce qu’ils font, pourquoi ils font ça pour après l’expliquer. Beaucoup d’élèves ont eu peur l’année dernière de se lancer dans l’alternance par rapport au fait d’enchainer l’école et l’entreprise mais c’est tout à fait faisable. L’école s’adapte et fait en sorte qu’on ne manque pas beaucoup de cours et qu’on puisse suivre le même programme que les autres.

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