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Les entreprises du patrimoine vivant

Un label reconnu par l'Etat

Pays de la Loire - Nantes / publication : 21 décembre 2016
Les entreprises du patrimoine vivant : l’excellence de fabrication française

Les entreprises du patrimoine vivant

Le label d’Etat Entreprise de Patrimoine Vivant regroupe plus de 1300 entreprises sur le territoire national avec plus de 57 700 emplois et un chiffre d’affaires annuel de plus de 13,2 milliards d’euros. Créé en 2005, dans le cadre de la loi en faveur des PME, ce label distingue les entreprises françaises aux savoir-faire d’exception.

Ces pépites de l’économie française rassemblent tradition et innovation dans les secteurs de l’art et de l’artisanat, de la gastronomie et de l’industrie.
Cette marque de reconnaissance de l’État est également un appui opérationnel au développement des entreprises concernées.

Elle vise en effet à :

  • faciliter leur médiatisation à l’échelle nationale et internationale ;
  • créer et saisir des opportunités internationales d’affaires ;
  • les inciter à innover ;
  • conforter leur croissance, assurer le développement de l’emploi et favoriser leur transmission.

Les articles du dossier

La route des EPV en Région des Pays de La Loire : un parcours de découvertes

Des adresses célèbres, des noms connus mais aussi des entreprises innovantes méconnues.
http://www.patrimoine-vivant.com/fr/routes/offset/23

Le Quiz pour tester vos connaissances sur les métiers de la mode

http://www.onisep.fr/Decouvrir-les-metiers/Quiz/Metiers-de-la-mode-et-du-luxe-qui-fait-quoi

Le bilan de l’année 2015

L’année des grands rendez-vous et de la préparation des 10 ans du label mis en œuvre par le décret du 23 mai 2006.
http://www.patrimoine-vivant.com/pub/2016/epv_bilan2015_bd.pdf

Les témoins en direct

Un atelier qui fabrique du luxe

http://www.patrimoine-vivant.com/fr/showcompany/4740

Interview de Sylvie CHAILLOUX, co-gérante de l’entreprise Textile du Maine (49)

Sylvie Chailloux, co-gérante de l’entreprise Textile du Maine (49)

Métier : façonnier des industries de l’habillement.
Spécialités : couture flou – Jersey coupe-cousu – PAP couturiers.
Situation géographique : Pays de Loire (France)
Année de création : 1984
Dirigeants : Sylvie CHAILLOUX et Nicolas TREHARD
Effectif actuel : 45 personnes
Reconnaissance Entreprise du Patrimoine Vivant

Quel est votre parcours ? Comment êtes-vous arrivée à cette fonction ?
En fait, je suis de formation comptable et l’une des entreprises où j’ai travaillé était une entreprise d’habillement : là, le virus m’a piquée… J’ai pris les chiffres en horreur et j’ai pris le tissu en affection. Mais, cela ne m’a pas desservie de savoir compter et je dis toujours que je suis une erreur d’orientation.

A quoi ressemble votre journée de travail ?
Quand j’arrive le matin, je ne sais jamais ce que je vais faire. Je réponds aux sollicitations diverses et variées : ça peut être de l’appui technique dans l’atelier, de l’accompagnement au bureau d’études justement sur la recherche et le développement de techniques de modélisme et de fabrication, ça peut être des sollicitations de la comptable, qui a besoin de réponses sur un dossier comptable ou un dossier RH et après ce sont les clients qui appellent au téléphone.

Vous êtes co-gérante ?
Oui, car j’arrive en fin de carrière et je vais transmettre mon entreprise à mon fils ainé. Il a donc racheté des parts de l’entreprise et c’est pourquoi il est co-gérant.
Son parcours est différent, et tout cela n’était pas prémédité : il n’a pas de formation technique telle ingénieur textile par exemple, ce qui aurait été pas mal. Il est parti plus vers l’organisation et le management, ce qui ne nuit pas non plus.

Faut-il bien connaitre le tissu pour travailler dans ce métier ?
Oui, on est force de propositions pour nos clients. Plus on a de compétences techniques, plus on est recherché, les services techniques sont de plus en plus pauvres chez nos clients et donc on a une fonction de conseil…

Quelle est la spécificité de votre entreprise ?
Au départ, de par la clientèle de l’époque, on avait pris une orientation dans le tissu stretch. Au cours du temps, on a évolué, on est passé au balnéaire puis à la corseterie, et quand on est rentré dans le luxe ces dernières années, on est passé à ce qu’on appelle le flou… c’est-à-dire toutes les matières très fluides. A l’opposé d’une veste ou d’un pantalon qui sont très structurés, une robe est souvent floue…. Il faut être en veille constante pour être en accord avec la demande du marché et être très à l’écoute. Il faut essayer de déterminer ce dont nos clients vont avoir besoin à l’avenir.

Il faut donc que vos professionnels puissent suivre ces évolutions.
Oui, chez nous, il y a toujours eu un programme de formation important, beaucoup de remises en question, il faut que les gens qui viennent travailler chez nous aiment le changement. Nos professionnels s’ennuient dans la routine, ils ont été formatés au changement.

Combien de personnes travaillent dans l’entreprise ?
Actuellement, nous sommes 42 avec de nombreux métiers : toiliste, modéliste, patronnier, coupeur, mécanicienne en confection, repasseuse, monitrice d’encadrement, mécanicien de maintenance, technicienne produit, prototypiste, agent de méthode, ordonnancement lancement et des administratifs et comptables. Le recrutement se fait à des niveaux de formation différents et le plus possible à niveau bac minimum. Parfois, on fait des paris avec des gens moins diplômés mais très motivés et on les forme…

Quelle est la part d’hommes et de femmes dans votre entreprise ?
Les femmes représentent la majorité de nos employés, en ce moment nous avons seulement 4 garçons, soit 10% d’hommes. Dans notre région la profession s’est peu masculinisée, sur Paris, il y a plus d’hommes dans les ateliers : question de culture… Dans la chaussure, par exemple, il y a plus de mixité, c’est souvent moitié hommes, moitié femmes.

Quels sont les atouts de votre entreprise ?
Notre technicité et notre réactivité… et certainement le fait d’avoir créé, il y a une quinzaine d’années, un bureau d’études qui vient compléter l’activité de production. C’était un pari : ce n’est pas le modèle habituel et nous sommes peu nombreux à avoir fait ce choix. Mais aujourd’hui, c’est notre force : on rentre dans le produit beaucoup plus tôt car on participe à la mise au point des collections et des défilés.

Qu’est-ce que le label EPV apporte à votre entreprise ?
Vis-à-vis de nos clients ce label nous démarque de nos confrères et nous confère une particularité de savoir-faire qui est surtout lié au stretch car nous sommes peu nombreux en France à être capables de faire de la mise au point sur ce genre de produit. Il faut garder toutes nos ressources pour défendre et tenir ce label et ne pas décevoir nos clients. C’est stimulant, cela permet de capter des marchés et d’entretenir notre compétence.

Avant votre départ à la retraite, qu’aimeriez- vous réaliser au sein de l’entreprise ?
Je veux réaliser un nouveau schéma, un organigramme idéal pour que l’entreprise continue à fonctionner en répartissant les compétences entre les collaborateurs… Transmettre la passion du vêtement, du travail bien fait, la passion des belles choses c’est ce qui jusqu’à présent a guidé mon action.

Questions à… une modéliste-toiliste à Textile du Maine

« Rechercher des solutions pour être au plus près des envies »

En quoi consiste votre métier ?
Nous sommes deux modélistes au sein du bureau d’études. Nous sommes complémentaires. Ma collègue va travailler plus spécifiquement certains produits, comme les vêtements en maille, la lingerie fine et le maillot de bain. Quant à moi, ma spécialité c’est le flou. Je développe plusieurs modèles pour les collections et défilés de mode. Ma première activité consiste à analyser les croquis des stylistes fournis par les clients. Je pars d’un dessin plus ou moins élaboré et d’un tissu. À partir de là, en tant que modéliste-toiliste, deux solutions s’offrent à moi : je pars d’un modèle existant que je transforme sur le logiciel informatique Lectra Modaris, ou j’utilise la technique du moulage en appliquant une toile de coton sur un mannequin en bois. Je travaille d’abord en volume puis à plat. Je trace sur la toile des points de repère et des lignes pour pouvoir m’y retrouver. Une fois relevés, ils serviront à faire le patronage.

Vous êtes un maillon entre la conception et la production ?
Tout à fait. Le patronage part à la coupe et ensuite à la prototypiste qui fabrique le modèle. Je reviens en jeu lors du contrôle de fabrication. Je vois si cela fonctionne ou pas ou s’il y a des difficultés. Par exemple ou placer un zip ? Je travaille en étroite collaboration avec la prototypiste et la coupe. Le prototype monté est envoyé chez le client qui le valide ou demande des retouches. Le modèle peut alors participer à des défilés ou faire partie d’une collection mise en vente. Mais avant cela, il devra être normalisé, c’est à dire adapté à la production en série.

Que préférez-vous dans ce poste ?
Nous réalisons des vêtements très différents en satin, satin de soie, mousseline, jersey etc. Les défis ne manquent pas et c’est très stimulant ! Nos clients sont des marques de prêt à porter de luxe. On a de plus en plus de modèles complexes. Le dernier exemple est une robe en cuir avec des parties brodées : la recherche de forme, le montage, le placement de la broderie demandent un temps de réflexion plus long. C’est un vrai défi mais on arrive quand même à ses fins, quitte à proposer d’autres solutions que celles prévues au départ. Le métier de modéliste, c’est vraiment cela : rechercher et proposer des solutions pour être au plus près des envies des stylistes. Ce que je préfère, c’est l’aspect technique, la matière textile, le tombé du tissu... Il y a également une part créative car il faut cibler les besoins des stylistes et comprendre ce qu’ils veulent. Je recherchais un métier qui allie ces deux aspects.

Quelles sont les qualités nécessaires ?
On peut être amené à travailler sur plusieurs modèles à la fois, ce qui demande une grande réactivité et de l’organisation. Je suis très polyvalent à mon poste. Mon parcours y est pour beaucoup. Après un Bac ES, je suis entré à l’université. J’ai appris à coudre pendant ma maitrise d’arts plastiques, puis j’ai travaillé à la coupe dans une entreprise sous-traitante pour le luxe, grâce à un contrat en alternance. J’ai alors suivi une formation de patronnier modéliste, avant d’exercer 8 ans le métier typiquement parisien de patronnier gradeur au sein de maisons de prêt à porter de luxe. Je travaille chez Textile du Maine depuis 2014. Aujourd’hui, je suis en train d’évoluer vers un poste de responsable du bureau d’études. Depuis peu, j’accompagne la cheffe d’entreprise lors de ses déplacements sur Paris. Nous y rencontrons nos clients pour avoir les explications des croquis et faire les essayages des modèles. C’est une nouvelle fonction où la relation clientèle occupe une large place.

Son parcours de formation
- Bac ES
- Maitrise d’arts plastiques (bac + 4)
- Contrat de qualification (remplacé par le contrat de professionnalisation), formation en alternance partagée entre une école de mode parisienne et une entreprise sous-traitante pour le luxe à Paris
- Formation de patronnier modéliste au GRETA de Cholet en partenariat avec le lycée de la mode dans le cadre d’un congé de formation

Définitions
Flou : vêtement souple et déstructuré, par opposition à la réalisation tailleur
Lectra Modaris : logiciel informatique de développement produit et de patronage pour la mode
Patronnage ou patronage : éléments techniques nécessaires pour la coupe et le montage définis à partir de la transformation d’un patron de base
Normalisation : adaptation d’un patronnage à une morphologie standard

La création et la restauration de vitraux à Angers

- Anciens Ateliers Barthe-Bordereau Sarl
http://www.patrimoine-vivant.com/fr/showcompany/5530

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