L'alternance est-elle faite pour moi ?

publication : 25 octobre 2016
Avant de vous lancer dans l'alternance, un cursus formateur mais exigeant, vérifiez que vous avez bien le profil. Des responsables de centres de formation, des tuteurs en entreprise et des jeunes alternants apportent ici leur éclairage et leurs conseils pour vous aider à vous préparer.
 

Vidéo La Montagne/Onisep Auvergne

Je m'adapte facilement

Deux jours à l'école / trois jours en entreprise ou bien une semaine à l'école / trois semaines en entreprise ou encore un mois à l'école / un mois en entreprise : le rythme est variable, mais dans tous les cas les formations en alternance vous font changer régulièrement d'univers. Savoir s'adapter à des contextes différents est donc un gage de réussite.

Témoignage : pas facile d'imaginer le monde de l'entreprise

Apprenti en 4e année d'école d'ingénieurs, à Polytech Paris Sud, Kevin a signé son premier contrat d'apprentissage juste après le bac. "Quand on sort du lycée, ce n'est pas facile de s'imaginer dans l'entreprise, reconnaît-il. Mais j'étais délégué de classe en terminale, je n'avais aucun problème à discuter avec des personnes plus âgées que moi : ce sont des petits signes qui montraient une certaine maturité."

Je me renseigne sur les secteurs d'activité et les métiers

Tous les secteurs d'activité et presque tous les métiers sont accessibles par la voie de l'alternance : commerce, artisanat, comptabilité-gestion, social, paramédical, informatique... Vous avez donc l'embarras du choix. Prenez le temps de réfléchir à ce qui vous attire et allez à la rencontre de professionnels pour discuter de leurs activités au quotidien.

Témoignage : envisagez toutes les facettes des métiers

Dans les chambres des métiers et de l'artisanat, les centres d'aide à la décision informent et conseillent les jeunes intéressés par l'apprentissage. "Nous vérifions avec eux qu'ils ont bien pris en compte tous les aspects du métier : les tâches, les horaires, les conditions de travail..., explique Véronique Haudebourg, coordinatrice du centre d'aide à la décision de la Chambre des métiers du Rhône. Par exemple, un jeune qui se destine à la vente en boulangerie doit savoir que l'hygiène et le nettoyage feront partie de ses tâches."

Je suis prêt/e à bouger

Le centre de formation et l'entreprise d'accueil sont rarement situés à proximité. En Île-de-France, moins d'1 jeune sur 2 trouve un CFA et une entreprise dans son département de résidence. Certains apprentis en poste dans des entreprises franciliennes suivent même leur formation dans une autre région.

En pratique : calculez vos trajets

Vous pouvez obtenir une aide financière de votre employeur et du conseil régional pour le transport et/ou pour le logement. Au-delà du coût, il importe de bien calculer la durée des trajets. "Les formations en alternance sont denses, rappelle Nathalie Chassande Mottin, responsable du développement de l'ITESCIA (école de la CCI de Paris issue de la fusion de l'ITIN et de l'ESCIA) à Pontoise. Il n'est pas raisonnable d'avoir plus de 2 heures de trajet quotidien (aller-retour)."

Je suis prêt/e à m'investir...

Vous devrez fournir des efforts pour mener de front vos études et une vie de salarié. Dans certains secteurs, le travail en entreprise débute plus tôt que les cours en centre de formation. "C'est dur de se lever à 5 heures du matin pour aller bosser quand on a terminé la veille un devoir pour l'école à minuit " témoigne Ba, apprenti en 2e année de BTS bâtiment. La charge n'est pas insurmontable et la plupart des jeunes, comme Ba, y font face. Néanmoins, 10 % à 25 % des apprentis rompent leur contrat avant la fin de la formation.

En pratique : l'apprenti est un salarié comme un autre

"Les jeunes ont le statut de salarié même quand ils sont en centre de formation, insiste Patrick Le Men, directeur du CFA Ingénieurs 2000. Ce qui signifie que les règles du Code du travail s'y appliquent. Par conséquent, les absences ou retards doivent toujours être justifiés."

... et à étudier aussi

Les apprentis préparent les mêmes diplômes, mais ont moitié moins de temps en classe que les élèves sous statut scolaire. Leurs résultats aux examens sont par conséquent souvent un peu moins bons : 73 % des apprentis décrochent par exemple leur BTS, contre 80 % des élèves sous statut scolaire. Mais c'est aussi une autre façon d'apprendre qui peut motiver à nouveau des élèves qui présentaient plus de difficultés dans un enseignement "classique".

En pratique : montrez votre envie de comprendre

Marc Huertas est responsable pédagogique de l'ITESCIA (école de la CCI de Paris issue de la fusion de l'ITIN et de l'ESCIA) à Pontoise. "Beaucoup de jeunes que nous recevons sont fâchés avec l'école, remarque-t-il. En entretien, nous vérifions qu'ils sont capables de s'intéresser à des problèmes concrets. S'ils ont envie de comprendre, ils peuvent parfaitement réussir."

J'ai envie d'autonomie

Même si elle est modeste, la rémunération du contrat d'alternance apporte un peu d'autonomie financière. Vos premiers pas dans le monde du travail vous permettront également de gagner en maturité et en sens des responsabilités.

En pratique : c'est à vous de porter le projet, pas à vos parents

Les formations en alternance sont davantage valorisées aujourd'hui et les familles poussent volontiers leurs enfants dans cette voie. Attention cependant à rester maître de vos choix. "J'ai accueilli pendant 15 mois un jeune apprenti en BTS, témoigne Laurent Pugin, directeur d'un supermarché Casino. Il n'était pas du tout intéressé par les métiers de la distribution. Ses parents avaient décidé pour lui. Il a finalement rompu son contrat."

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